Le don de lait : pourquoi est-ce si important ? Comment faire ?

Aujourd’hui j’aborde un sujet qui me tient énormément à coeur : le don de lait. Un geste tellement important qui permet de sauver de nombreux bébés prématurés.

En effet lorsqu’un enfant naît prématurément, son système digestif n’est pas capable de digérer du lait artificiel. Il doit donc être uniquement nourrit au lait maternel. Même si la maman fait le choix d’allaiter son bébé, il faudra quand même le lait d’autres femmes, en attendant que sa propre montée de lait se fasse. Et comme le bébé ne peut pas téter lui même du fait de sa prématurité la maman doit tirer son lait pour mettre en route sa lactation, ce qui prend (en principe) plus de temps que pour un allaitement « normal ». (Je tiens d’ailleurs à exprimer toute mon admiration pour ses mamans de petits bébés pressés ! Ce que vous faites est juste extraordinaire. Que ce soit pour l’allaitement ou toutes les autres épreuves difficiles que vous traversez.)

C’est pour cela qu’il est important, si nous pouvons se le permettre, de donner son lait. Mais concrètement, comment cela se passe ?

Personnellement, je n’avais jamais entendu parler de ce type de don et il est très méconnu dans notre pays. C’est environ deux mois après la naissance de ma Poussine, alors que je venais de passer en tire-allaitement exclusif et que mon congélateur croulait sous la quantité de lait que j’arrivais à tirer (oui j’ai dû être une vache dans une autre vie !), que j’ai fait la découverte des lactariums. Une connaissance de mon mari avait posté sur les réseaux sociaux un statut à ce sujet et il m’en a parlé. J’ai donc commencé à chercher des informations sur internet (Google est mon ami !) puis j’en ai parlé à la cousine de mon homme qui est infirmière en néonat (et donc bien informée sur ce sujet), et qui m’a dit de prendre contact avec le lactarium le plus proche de chez moi. Dans le sud/sud-est c’est pas compliqué il n’y en a qu’un : Montpellier. Vous pouvez accéder à la carte de tous les lactariums de France ici pour trouver celui qui est le plus proche de chez vous.

J’ai donc téléphoné au lactarium de Montpellier et je suis tombée sur une dame très gentille. Elle m’a demandé si j’avais déjà donné mon lait puis m’a posé quelques questions : suis-je fumeuse ? Consommatrice d’alcool ou de drogues ? Ou encore quel âge avait mon bébé et si j’avais bien un congélateur à -18°C (très important). Après lui avoir donné mon adresse, elle m’a indiqué qu’elle allait m’envoyer par colis un sachet de biberons stérilisés ainsi qu’un dossier médical à remplir avec ma sage femme ou mon médecin traitant, une ordonnance et des flacons pour une prise de sang à faire avec une infirmière libérale et un thermomètre pour faire les relevés de températures de mon réfrigérateur et de mon congélateur. Elle m’a également proposé une ordonnance pour louer un tire lait mais comme j’en louais déjà un ça n’était pas nécessaire (A savoir que la location du tire lait est entièrement prise en charge par la Sécurité sociale, mis à part les téterelles mais qui peuvent être remboursées par la mutuelle). Quelques jours plus tard je recevais mon colis et l’aventure commençait !

Tout d’abord il est important de dégraisser au produit vaisselle et de stériliser son tire lait avant de récolter le lait pour le lactarium. Comme c’est pour des bébés prématurés il vaut mieux prendre un maximum de précautions. Puis comme le lait est analysé par la suite, ce serait dommage qu’il soit jeté car il ne correspond pas aux critères de sélection. Il est également important de bien se laver les mains avant le recueil. Ensuite les premières semaines il est nécessaire de relever quotidiennement les températures du réfrigérateur et du congélateur pour être sûre de leurs bons fonctionnements. Le lait recueilli se conserve dans les biberons stérilisés envoyés par le lactarium pendant quelques heures au réfrigérateur le temps que le lait refroidisse (mais pas dans la porte du frigo car la température est supérieure à 4°C !) puis ensuite au congélateur à -18°C jusqu’à ce que les collectrices viennent le récupérer. Attention, il ne faut pas rajouter du lait fraîchement tiré à du lait déjà congelé car le choc thermique serait trop important !

Comme le lactarium de Montpellier couvre une très grande surface géographique, (Languedoc-Roussillon + PACA), les collectrices passent que tous les deux mois dans le Var. Mais si vous habitez proche d’un lactarium il est possible qu’elles passent tous les quinze jours voire toutes les semaines. Pour ma part elles m’appellent environ une semaine avant pour me confirmer la date de passage et voir à quelle heure je suis disponible. La prise de sang est à refaire tous les trois mois, soit avec une infirmière libérale (à ce moment là on vous envoie l’ordonnance et les flacons), soit la collectrice vous la fait lors de son passage pour récupérer le lait.

Pour avoir plus d’informations sur le don de lait, ou des conseils en allaitement, vous pouvez prendre contact avec le lactarium le plus proche de chez vous. Rappelons que la collecte de lait maternel est à ce jour insuffisante en France pour nourrir tous les bébés prématurés. Vous pouvez lire des articles à ce sujet ici

Je tiens également à rappeler que l’échange de lait maternel entre mamans, sans qu’il soit passé par un lactarium, comme le propose certains réseaux sur Facebook ou autre, reste très dangereux et est vivement déconseillé. Voici un article très complet de l’Association Des Lactariums de France à ce sujet ici

***Les dons de lait sont précieux, parlez-en autour de vous !***

Douce journée à vous

Mélanie