La VEO on en parle ?

Premier article de l’année et je le fais sur un sujet qui me tient à coeur, et qui depuis quelques jours déchaîne les foules sur les réseaux sociaux. Mais avant tout, je tenais à vous souhaiter à toutes et à tous une merveilleuse année 2017, qu’elle vous apporte joie, santé et bonheur ainsi que de l’amour, car sans amour la vie ne vaut pas la peine d’être vécue !

Et en parlant de bonnes choses, le 22 décembre dernier, l’Assemblée Nationale a voté définitivement l’article 68 du projet de loi Égalité et Citoyenneté qui interdit toutes formes de violences dans l’exercice de l’autorité parentale. Autrement dit, plus de châtiments corporels (fessées, tapes…), de punitions, d’humiliation ou de chantage. Enfin ! Car il faut dire que pour le pays des Droits de l’Homme, nous étions quand même bien à la traîne. La Violence Educative Ordinaire est déjà proscrite dans plus de 50 pays à travers le monde. Et les premiers à avoir voté une loi contre la VEO sont les Suédois en 1979. Oui oui, il y a 38 ans…

Mais au vu de tous les commentaires inondant les réseaux sociaux, les mentalités ne sont pas prêtes de changer dans notre cher pays et j’espère que cette loi sera accompagnée d’une bonne campagne de sensibilisation et de prévention.

Pourtant les conséquences de la VEO sont bien réelles. Les recherches en neurosciences ont démontré les effets néfastes qu’elle pouvait avoir tant sur le plan physique que psychologique (troubles du comportement et alimentaires, comportement violent, dépression, suicide…) Sans compter les deux enfants qui meurent par jour en France sous les coups de leurs parents.

Les violences entre adultes, elles, sont punies par la loi, ce qui nous confère à chacun le respect de notre intégrité physique et psychique. Alors pourquoi l’enfant qui est si vulnérable et dépendant, et qui doit être protégé, ne peut pas jouir de ce même droit ? Pourquoi sous couvert « du droit de correction » l’enfant peut-il être frappé, pincé, humilié, rabaissé par sa propre famille, par les personnes qui sont censées l’aimer, le chérir et le protéger ? Comment peut on apprendre à un enfant qu’il ne faut pas frapper en le frappant nous mêmes ?

Alors que les violences contre les femmes au sein du couple sont reconnues comme des délits et sont punies par la loi, et condamnées par la société, les violences commises sur les enfants au sein des familles sont considérées comme normales, voire même nécessaires pour leur donner une bonne éducation. Plus de 60% des parents reconnaissent avoir déjà eu recourt aux violences éducatives et les considèrent comme une norme sociale qu’il ne faut pas remettre en question, en se cachant sous des « j’ai reçu des fessées petit, je n’en suis pas mort et j’en remercie mes parents » ou encore « c’est mon enfant je l’élève comme je le veux ».

Pourtant les mentalités peuvent changer. Des pays comme la Suède l’ont fait bien avant nous. Là bas, le nombre de décès d’enfants dû à la maltraitance est quasiment nul, les taux de criminalités et de suicides ne cessent de baisser. Même si au départ ce n’était pas gagné puisque près de 70% de la population était contre cette loi qui interdisait tout châtiments corporels et violences éducatives au sein des familles. Aujourd’hui, 92% des Suédois sont favorables à cette loi et n’envisagent même plus la VEO comme mode d’éducation.

L’alternative principale à ce mode d’education est bien évidemment l’éducation bienveillante (à laquelle je consacrerai un article), jugée bien souvent comme trop laxiste par manque d’informations. C’est pourtant un mode d’éducation respectueux de l’enfant, et qui devrait être un modèle dans notre société.

Pour aller plus loin :

http://stop-veo.fr

http://www.oveo.org

« Châtiments corporels et violences éducatives, pourquoi il faut les interdire en 20 questions-réponses » du Dr Muriel Salmona (édition DUNOD).

Je vous souhaite une bonne soirée.

Mélanie